
Le président Félix-Antoine Tshisekedi a promulgué le 7 août 2026 le Budget rectificatif de la République démocratique du Congo. L’enveloppe est désormais fixée à 50 866,3 milliards de francs congolais, en recettes comme en dépenses, contre 54 335,8 milliards prévus dans la loi de finances initiale.
L’information a été rendue publique lundi 10 août dans la soirée, à travers la lecture à la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) de plusieurs ordonnances et textes présidentiels.Cette révision traduit une baisse de 3 469,5 milliards de francs congolais, soit environ 6,4 % par rapport au budget initial.
Le recul est encore plus marqué si l’on se réfère au projet présenté par le Gouvernement au Parlement en novembre 2025, qui prévoyait alors une enveloppe de 59 021 milliards de CDF.Au final, le budget promulgué est inférieur de 8 154,7 milliards de francs congolais, soit près de 13,8 %, aux prévisions initiales du Gouvernement.
Les équipements fortement réduitsL’un des principaux changements concerne les crédits destinés aux équipements. Dans la version adoptée par le Parlement avant sa promulgation, ces crédits ont été réduits de 55,4 %.
Dans le même temps, certaines autres dépenses connaissent une progression. Les frais financiers augmentent de 27,1 %, les prestations de 18,3 % et les transferts de 4,1 %.Cette configuration suscite des interrogations sur les capacités de l’État à maintenir le rythme de ses investissements publics.
Une réduction importante des crédits consacrés aux équipements pourrait notamment affecter la réalisation ou l’avancement de certains projets au cours de l’exercice.Des contraintes budgétaires persistantesCette révision intervient dans un contexte marqué par de fortes contraintes sur les finances publiques.
Le Fonds monétaire international (FMI) avait notamment souligné le poids des dépenses sécuritaires et appelé les autorités congolaises à renforcer la mobilisation des recettes intérieures.
L’institution avait également insisté sur la nécessité de mieux contrôler les dépenses, d’améliorer la transparence budgétaire et de rationaliser les dépenses considérées comme non prioritaires.
Malgré ces contraintes, le FMI estimait fin juin que les perspectives budgétaires de la RDC pour 2026 restaient globalement gérables, tout en prévoyant une pression temporaire sur le déficit intérieur.L’exécution, prochain défi du GouvernementAvec la promulgation du Budget rectificatif, le principal enjeu se situe désormais dans son exécution. Le Gouvernement devra mobiliser les recettes prévues tout en maîtrisant les dépenses.
La capacité des autorités à préserver les investissements prioritaires, notamment dans les infrastructures et les services publics, sera particulièrement scrutée dans les prochains mois.La baisse du budget ne constitue donc pas seulement un ajustement comptable. Elle traduit aussi un changement dans les marges de manœuvre financières de l’État et pose la question de ses priorités pour le reste de l’exercice 2026.
Patrick mutombo



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