« Cette Constitution, je ne l’aime pas, et vous le savez. » Cette remarque de Félix Tshisekedi, faite devant les élus de l’Union sacrée, relance le débat sur l’avenir des institutions en République démocratique du Congo. Pour Dr Jacques Issongo, militant de la lucha, la réponse est directe : si le chef de l’État n’est pas content de la loi fondamentale, il doit en assumer les conséquences.
Cette phrase a été prononcée samedi, lors d’une réunion à huis clos avec les parlementaires de la majorité présidentielle, dans le cadre de la préparation du dialogue national. Jacques Issongo estime que cette position soulève une question de principe : comment un président peut-il contester le texte qu’il a juré de respecter et de défendre ?
Selon Dr Jacques issongo, Félix Tshisekedi exerce le pouvoir dans un cadre juridique bien défini qui établit ses prérogatives et la durée de son mandat. Il ne s’agit pas d’un pouvoir personnel qu’il peut ajuster selon ses envies. Si les règles actuelles ne lui conviennent plus, Issongo pense qu’il doit en tirer les conséquences, allant jusqu’à envisager la démission.

le spectre d’un troisième mandat
Cette controverse survient dans un contexte politique tendu. Vendredi, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture le projet de loi sur l’organisation du référendum, ce qui ravive les craintes d’une possible révision des règles institutionnelles.
Félix Tshisekedi, élu en 2019 et réélu en 2023, en est à son deuxième mandat, qui devrait se terminer en 2028. L’article 70 stipule que le mandat présidentiel est de cinq ans, renouvelable une seule fois. L’article 220, quant à lui, protège notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels contre toute modification.
L’opposition et plusieurs acteurs de la société civile craignent qu’une réforme n’ouvre la voie à une prolongation du pouvoir présidentiel. Le camp présidentiel, de son côté, affirme que le dialogue national n’a pas pour but de permettre à Félix Tshisekedi de rester au pouvoir au-delà de 2028.
D’après les compte-rendus de la réunion, le chef de l’État aurait également mentionné son départ en 2028 si sa majorité refusait toute modification. Cette formulation soulève une interrogation : le respect des limites du mandat présidentiel dépend-il de la décision des partisans du président ?
un rappel des engagements d’hier
Les observateurs ne manquent pas de remarquer l’ironie de la situation. Quand il était dans l’opposition, Félix Tshisekedi demandait à Joseph Kabila de respecter les dispositions limitant le nombre de mandats présidentiels. Aujourd’hui, ses détracteurs lui rappellent ces positions et l’invitent à rester fidèle aux principes qu’il défendait autrefois.
Au-delà de cette polémique, le débat porte sur le respect du serment présidentiel, l’alternance démocratique et la stabilité des institutions congolaises.
Pour Jacques Issongo, le message est clair : la République n’appartient à personne, et les règles du pouvoir ne sauraient être subordonnées aux ambitions d’un seul homme.
louis tshikonde



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