La Coalition Alerte RDC et plusieurs organisations de la société civile demandent au président Félix Tshisekedi de ne pas promulguer la loi fixant les conditions d’organisation du référendum.
Elles redoutent une remise en cause de l’ordre constitutionnel et plaident pour un dialogue national inclusif.La loi sur le référendum continue de susciter des réactions en République démocratique du Congo.
La Coalition Alerte RDC, accompagnée de plusieurs organisations de la société civile, demande au président Félix Tshisekedi de ne pas promulguer ce texte et de mettre fin au processus référendaire.
La position de ces organisations a été rendue publique ce lundi 10 août 2026, lors de la présentation d’un mémorandum à la presse.
Le document a été lu par Jeff Bambi au nom des organisations signataires.
Une demande adressée directement au chef de l’ÉtatPour les signataires, le président de la République dispose désormais d’une responsabilité importante dans la suite du processus. Ils l’appellent à préserver la Constitution du 18 février 2006, l’alternance démocratique, l’État de droit et la stabilité des institutions.
Cette prise de position intervient quelques jours après l’arrêt rendu le 28 juillet par la Cour constitutionnelle, qui a déclaré conforme à la Constitution la loi portant organisation du référendum.
Les organisations disent prendre acte de cette décision, mais restent critiques sur le processus ayant conduit à l’adoption du texte au Parlement.
Des accusations qui suscitent des inquiétudesDans leur mémorandum, les organisations évoquent des accusations de « passage en force », de corruption et de trafic d’influence qui auraient entouré l’adoption de la loi.
Elles regrettent qu’aucune enquête ou clarification institutionnelle n’ait, selon elles, permis de répondre à ces allégations.pour la société civile, la question n’est donc pas uniquement juridique,elle est également politique et institutionnelle.
La crainte d’une modification de la ConstitutionLes organisations signataires redoutent que la promulgation de cette loi puisse ouvrir la voie à une modification de la Constitution et alimenter les inquiétudes autour de l’échéance électorale de 2028.
Elles estiment que la RDC doit plutôt concentrer ses efforts sur les urgences auxquelles le pays est confronté.
Parmi leurs priorités figurent le rétablissement de la paix, la protection des populations civiles, la réponse aux crises humanitaire, sanitaire et économique, le retour des personnes déplacées ainsi que la lutte contre l’impunité.
Elles insistent également sur la nécessité de préparer et de financer les prochaines élections dans les délais constitutionnels.
Un dialogue national réclaméFace à ces préoccupations, les organisations appellent à la convocation, sans délai, d’un dialogue national qu’elles souhaitent « véritablement inclusif et transparent ».L’objectif, selon elles, serait de permettre aux différentes composantes de la société congolaise d’échanger sur les principales crises que traverse le pays et de rechercher des solutions consensuelles.
Des actions pacifiques envisagéesLes signataires préviennent toutefois que, si la loi venait à être promulguée, ils se réservent le droit d’utiliser les recours et les moyens d’action civique prévus par les lois de la République.Ils précisent que leur démarche restera pacifique et démocratique.
La Coalition Alerte RDC et les autres organisations signataires disent vouloir défendre l’ordre constitutionnel, la démocratie et les libertés publiques sans recourir à la violence elles invitent finalement Félix Tshisekedi à rester fidèle à son serment de respecter et de défendre la Constitution.
Pour ces organisations, la décision du chef de l’État constituera un moment important pour l’avenir institutionnel du pays.« L’Histoire retiendra les décisions prises en ce moment décisif », soutiennent-elles.
Louis tshikonde



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